ROMAN

18,50 euros - 192 pages

Parution le 25/10/2018

ISBN 978-2-35887-269-0

COLLECTION
LITTÉRATURE

 

 

55 de fièvre

Tito TOPIN

Casablanca, 1955. Après une fête, Georges raccompagne une jeune femme. Il aimerait que les choses n’en restent pas là et, quand la fille refuse ses avances, tout bascule. Mais, en cette année où le Maroc connaît les dernières heures du protectorat français, une Blanche victime d’un Blanc, cela ne sert les intérêts de personne. Et si l’on cachait la responsabilité de Georges ? Si à sa place, on accusait ce groupe d’Arabes qui vit près des lieux du crime ? Il n’en faut pas plus à Casablanca pour s’embraser, tandis que Georges prend goût aux crimes impunis et que d’autres cherchent à tout prix à faire régner un semblant d’ordre.
Dans un Maroc chauffé à blanc et pétri de racisme ordinaire, 55 de fièvre est un polar addictif où la traque d’un homme sombrant dans la folie se mêle aux ambitions politiques de ceux qui préférent le pouvoir à la justice.

ROMAN

18,50 euros - 192 pages

Parution le 25/10/2018

ISBN 978-2-35887-269-0

COLLECTION
LITTÉRATURE

L' Auteur

Tito TOPIN

Tito TOPIN

Né en 1932 à Casablanca où son père fut commissaire de police puis détective privé, Tito Topin a été graphiste, illustrateur, écrivain et scénariste. Ami de Jean Yanne avec lequel il collabora à de multiples reprises, célèbre pour avoir créé le personnage de Navarro, dont il scénarisa les 108 épisodes, il publiera son premier roman policier en 1982 à la Série Noire. Suivront une vingtaine de livres distingués par plusieurs prix littéraires.

À propos du livre

Ce roman, depuis longtemps indisponible en France, avait connu un grand succès lors de la première publication à la Série noire et avait remporté le prix Mystère de la critique.

C'est dans ce livre qu'apparaît pour la première fois le commissaire Gonzales qui servit de modèle à Tito Topin pour créer le personnage de Navarro.
 

FERMER

La Buick noire avança sans bruit, glissant sur le goudron encore mou et se rangea doucement sur un belvédère herbu, interrompant net la stridulation des grillons nocturnes.

Les pneus aux flancs blancs firent un dernier tour et s’immobilisèrent dans l’herbe chaude.

En bas de la colline, le large océan était d’asphalte avec de brusques élancements de vagues chromées qui rayaient la nuit de traits fluorescents.

Les piscines argentées scintillaient comme des poissons morts dans les établissements du bord de mer. Leurs noms seuls auraient suffi à faire bronzer une colonie d’albinos. Acapulco. Tahiti-Plage. Miami. Sun-Beach. Kon-Tiki.

Georges appuya sur un bouton du tableau de bord. Le souffle hydraulique du mécanisme automatique accompagna la capote qui se dressa lentement dans la nuit comme l’aile dépliée d’un rapace. Elle hésita un court moment et se rabattit sur le pare-brise avec un ronronnement métallique. Georges assura le cliquet de fermeture, éteignit les phares et coupa le contact.

- Qu’est-ce qui te prend ? demanda Gin.

La nuit était noire. Pas une étoile dans le ciel. Pas une lumière aux fenêtres des villas luxueuses de la colline d’Anfa. Quelques clébards arabes venus d’un douar voisin rôdaient silencieusement entre les pins et les eucalyptus.

Le seul point lumineux venait de la radio branchée sur l’émetteur américain de la base de Nouaceur. Le duh-duh-DUM, duh-duh-DUM, duh-duh-DUM régulier d’un batteur de jazz sourdait de la bakélite. Probablement Zutty Singleton.

- Je recapote… répondit Georges en actionnant l’allume-cigare. Avec cette chaleur de dingue, on attraperait facilement la crève. Quand on a chaud, on transpire, tu comprends ?

- C’est toi qui me fais suer. Tu étais d’accord pour me raccompagner chez moi, un point, c’est tout ! Je n’ai aucune envie de m’arrêter en route, fit Gin.

- J’ai toujours pensé que tu avais quelque chose contre moi, dit-il. Mais quoi ?

- Tu te fais des idées. Je n’ai rien contre personne, pas plus contre toi que contre un autre. Je veux simplement rentrer chez moi. C’est clair ?

D’un petit coup sec du poignet, Georges éjecta une blonde du paquet de Pall-Mall.

- Cigarette ? proposa-t-il.

Gin la prit d’un geste brusque sans prendre la peine de le remercier. Elle l’alluma elle-même d’un Zippo sorti de son sac.

Tout le monde l’appelait Gin, comme l’alcool, mais elle s’appelait Ginette, ce qui était beaucoup moins enivrant.

Ginette Garcia allait avoir dix-neuf ans avant la fin du mois, le 23, le jour où le soleil, fatigué du cancer, entrerait dans le signe du lion.

Une abondante chevelure auburn lui dégringolait en boucles cascadeuses jusqu'aux épaules nues qui encadraient un visage presque carré, volontaire, habité d'un regard noir que filtrait un rideau de longs cils.

La bouche trop grande, trop peinte, trop rouge, s'ouvrait légèrement par un charmant retroussis de la lèvre supérieure sur des dents éclatantes.

Ainsi calée sur la banquette avant de la décapotable de luxe, à peine éclairée par le rougeoiement de la long-size, elle ressemblait en plus menue à Jane Russel dans The Outlaw. Tall, terrifie... and trouble, comme disait l'affiche américaine du cinéma Le Triomphe où le film était projeté en exclusivité.

Son chemisier en soie grège collait au cuir du siège et sa respiration se précipitait sous l'effet de la colère et de la chaleur étouffante. Sa poitrine n'avait rien à envier à celle de la star hollywoodienne. Gin était très belle.

Sa jupe serrée à la taille était remontée au-dessus du genou et le ciseau de ses cuisses longues s'ouvrait et se refermait machinalement cherchant un peu de fraîcheur à brasser l'air brûlant, sans autre résultat que le rendre plus brûlant encore par ces turbulentes pressions.

- Tu as le temps de rentrer, dit Georges en se penchant pour attraper dans la boîte à gants une flasque de whisky canadien.

- Ça va comme ça, Georges, arrête les frais.

- T'excite pas comme ça, fit-il en s'efforçant de rire, désinvolte.

- Je ne m'excite pas. Je veux rentrer chez moi. Tout de suite.

Il dévissa le bouchon qui servait de gobelet, le remplit aux trois-quarts et le tendit à Gin avec un sourire qui se voulait engageant.

- Qu’est-ce que tu t’imagines ? fit-elle durement en le repoussant d’un geste brutal. Que tu vas pouvoir me soûler ?

Sur les parties chromées de la voiture, la lune plaquait ses teintes de zinc, comme dans un poème de Verlaine.

- On pourrait se soûler tous les deux, suggéra-t-il en frissonnant sous la violence de l’alcool sec.

- Il n’y a rien qu’on puisse faire tous les deux, trancha-t-elle.

- Il me semblait simplement qu’on pourrait boire, qu’on pourrait être heureux. Qu’est-ce qu’il te faut de mieux ?

- Rentrer chez moi.

Dans la radio, un chanteur de blues se lamentait d’une voix noire engluée de chewing-gum. Spleeneux à faire chialer un rescapé de Dien-Bien-Phu.

- Rentrer chez toi. Rentrer chez toi, fit Georges en l’imitant. Tu n’as que ça à la bouche… Ça peut attendre…

- Mes parents m’attendent à minuit. Il est plus de deux heures… C’est pour ça que je veux rentrer tout de suite, expliqua Gin. Tu m’avais promis en m’invitant chez tes amis de me ramener directement chez moi quand je te le demanderais…

- Ne t’inquiète pas, je te ramènerai, mais je veux que tu me dises pourquoi tu ne veux jamais danser avec moi…

- J’aime pas qu’on me frotte, si tu veux le savoir…, répliqua-t-elle. Pas plus toi qu’un autre.

Il but une rasade de whisky sans prendre la peine de se servir dans le gobelet. Au goulot.

- Arrête de boire. Avec ce que tu as déjà bu dans la soirée, tu ne pourras bientôt plus conduire…

- Je n’ai pas envie de conduire, j’ai envie de t’embrasser, fit Georges en tentant gauchement de l’enlacer.

Elle le repoussa brutalement, leva la main pour le gifler, mais la main hésita, recula et finalement se calma.

- Rentrons, veux-tu ? dit-elle doucement. Suppliante.

Son ventre était douloureux, gonflé comme chaque fois qu’elle attendait ses règles.

- Embrasse-moi une fois, une seule fois, et je te raccompagne, susurra Georges en s’approchant d’elle.

- Tu parles ! Allez, rentrons… Je t’en prie…

- Pas tant que tu ne m’auras pas embrassé ! Ils l’ont tous fait… Pat, Bernard, Henri… Pourquoi pas moi ? Qu’est-ce qu’ils ont de plus que moi, hein ? Tu peux me le dire ? Je suis mieux bâti qu’eux, je suis plus riche…

- Et t’es plus con, coupa-t-elle.

Elle regretta immédiatement de l’avoir dit. Elle se rendait compte qu’il était très soûl et qu’il pouvait devenir méchant, mais elle n’avait pas pu s’empêcher de le blesser. Elle sentit nettement une goutte de transpiration ruisseler le long de ses reins.

- Et toi, t’es une pute ! répliqua-t-il durement en se resservant à boire. J’en ai ma claque de pas te baiser… Avec tes airs de pas y toucher, je sais bien que tu baises avec Manu… Ne me raconte pas de bobards et arrête de jouer la pucelle outragée, t’es qu’une pute !

- Elle ne t’a pas dit, ta mère, de pas toucher aux putes ?

- Tu sais quoi ? gueula-t-il. J’en ai par-dessus la tête d’être traité comme ça par une moins que rien qui se prend pour une demoiselle. T’as baisé avec Manu ? Dis-moi la vérité.

- Bien sûr que j’ai fait l’amour avec lui. Pourquoi pas ?

- Tu me sers encore des bobards, et tu le sais bien, mais ne compte pas sur moi pour te croire !

- Fiche-moi la paix ! Ramène-moi, ça suffit comme ça.

- Alors, t’as niqué avec lui ? insista-t-il. C’est ça que tu voudrais me faire avaler ?

Georges appuya sur l’allume-cigare. Sa main tremblait.

Un chaton miaula tout près avec le cri d’un enfant qu’on égorge.

- Tu me charries, fit Georges en s’efforçant de sourire. Tu me balances que t’as niqué avec Manu pour te débarrasser de moi, mais je sais très bien que tu mens.

- Pose-lui la question toi-même, il revient demain. Et tes yeux, ça ne va pas mieux depuis ton accident de bagnole ? ajouta-t-elle pour changer de conversation.

Il hésita un instant, se tordit un peu sur son siège, puis se décida et se pencha sur elle. Il parla plus doucement.

- Toujours pareil. On ne sait pas si ça vient des yeux ou des nerfs, mais depuis que j’ai traversé ce pare-brise, je ne vois plus les couleurs… Color-blind, comme disent les américains. Telle que t’es là, je te vois en noir et blanc…

Il se fabriqua un regard de circonstance, se bricola de faux accents de sincérité, et se pencha une nouvelle fois vers elle. Il parla encore un peu plus bas.

- Embrasse moi une seule fois, une seule et je te jure sur ce que j’ai de plus cher au monde, sur la tête de ma mère ; je te raccompagne chez toi.

- Mets-moi tout ça par écrit, envoie-le-moi par la poste, en recommandé, et je verrai ce que je peux faire pour ta maman, dit Gin sans se laisser avoir.

Il voulut sortir une Pall-Mall de son paquet mais il s’y prit si maladroitement que la cigarette tomba sur le tapis de sol, aux pieds de Gin.

Elle se baissa pour la ramasser entre ses jambes et Georges se jeta sur elle en l’enserrant dans ses bras. Il pesait de tout son poids pour l’empêcher de se relever et il saisit sa poitrine à pleines mains. Un sein se libéra du soutien-gorge pigeonnant. Une main descendit brutalement le long de son ventre en pressant son pubis d’une étreinte avide.

- Tu me fais mal ! Lâche-moi, dit-elle le plus fermement qu’elle put.

Georges tentait maintenant de l’embrasser en passant par le cou mais elle secouait vigoureusement la tête pour repousser ses lèvres. Son ventre lui faisait mal. Mal. La main de Georges s’insinuait en force dans sa culotte. En se débattant, elle sentit sous ses doigts l’allume-cigares toujours branché. Elle le sortit de son logement et l’appliqua au jugé en appuyant de toutes ses forces.

La peau grésilla dans une puanteur de poils grillés, juste sous l’oreille droite de Georges. Il poussa un cri en se dégageant, la main arrêtée à deux centimètres de la brûlure.

- Salope ! Tu vas me le payer…

I’ll be glad when you’re dead you Rascal You, chantait dans la radio une voix de monte-charge fâché depuis des années avec sa burette d’huile.

Gin ouvrit la portière, remit sa jupe et son soutien-gorge en place et chercha rapidement des yeux un chemin pour s’enfuir.

« Par la route, Georges me rattrapera facilement, se dit-elle. Faut que je descende la colline jusqu’à la corniche… J’y trouverai sûrement un taxi attardé, et si ce grand con me colle au train, j’arriverai bien à sonner à la porte d’une de ces villas… »

- Gin ! Reviens ! aboya Georges en la voyant enjamber le bas-côté de la route… Tu es folle !

Elle retenait sa course pour ne pas tomber en dévalant la pente raide, mais la nuit était trop noire pour qu’elle puisse éviter les cailloux qui roulaient sous la fine semelle de ses ballerines. La déclivité était plus forte qu’elle l’avait imaginé. Elle s’efforça de zigzaguer, d’arbre en arbre, et de se retenir aux troncs pour ralentir sa vitesse. Elle poussa un cri de surprise quand un jujubier la griffa au passage et la douleur cuisante la déséquilibra au point de tomber gauchement sur le côté, entraînant avec elle un éboulis de silex tranchants sur une dizaine de mètres. Elle s’immobilisa, haletante, contre un pin dont le tronc poussait presque à l’horizontale sur la pente abrupte. Son cœur battait à tout rompre.

Elle resta sans bouger, le temps de retrouver son souffle, et s’efforça d’enlever la résine de pin qui collait à ses doigts en s’aidant de terre sèche. Sa cuisse était très douloureuse mais elle ne saignait pas. Une écorchure en plaque partait du genou et remontait jusqu’à la hanche. « Faut pas que je panique, faut pas que je panique… » Elle se releva doucement, s’épousseta un peu et jeta un regard inquiet derrière elle. Georges ne l’avait pas suivie.

Il avait bien tenté de le faire mais il y avait renoncé au bout de quelques mètres. Pas question pour lui d’abîmer les magnifiques mocassins à glands qu’il avait achetés très cher l’après-midi même chez Manfield, le chausseur à la mode de la place Edmond Doutté, où toute la jeunesse huppée de Casablanca défilait.

Il était retourné à la voiture, avait bu un grand coup de whisky en faisant claquer sa langue, avait observé attentivement dans le rétroviseur la vilaine boursouflure sous l’oreille, avait proféré le mot salope au moins autant de fois que le mot pute, avait grimacé en tamponnant la blessure d’un doigt délicat trempé dans de l’alcool de grains à 45 %.

« Demain, j’irai voir le toubib », se dit-il.

Il avait remis le moteur en route sans allumer les phares et le nez collé au pare-brise pour ne pas rater un virage, il avait suivi la route qui descendait la colline d’Anfa en direction de la corniche.

Le moteur V. 8., les culbuteurs bien réglés, ne faisait aucun bruit.

 

 

Trois heures du matin. Gin était rassurée. Elle avait fait le parcours le plus difficile. Il ne lui restait qu’une vingtaine de mètres en plongée pour atteindre une petite route en contrebas.

Ensuite, il lui suffirait de la traverser pour s’engager sur un terrain moins sauvage qui descendait en pente très douce jusqu’à la mer, avec quelques villas nichées dans une végétation extravagante d’où ne provenait ni lumière ni signe de vie.

Dans le douar tout proche, un chien pulmonaire aboya rauquement.

Elle s’engagea lentement, en prenant mille précautions, dans l’escarpement pierreux qui descendait à pic sur la route. Son poids l’entraîna rapidement et elle termina les derniers mètres à grandes enjambées pour préserver son équilibre. Elle se reçut sans trop de mal sur le bas-côté mais son élan la porta irrésistiblement à traverser la route.

Elle la traversait… Elle était en plein milieu quand deux phares s’allumèrent et la saisirent dans la lumière aveuglante.

Elle hurla de frayeur sans s’arrêter de courir. Georges freina, projeta brutalement la lourde américaine dans le fossé au risque de ne plus pouvoir l’en sortir et bondit de la voiture.

Gin courut de toutes ses forces en direction d’une grande villa d’architecture coloniale enfouie dans un délire de bougainvillées. Elle entendait nettement le souffle de Georges entre les cognements accélérés de son cœur. Un grand mur d’une blancheur de chaux ceinturait la villa, troué par les dentelles d’une grille noire que fermait une grosse chaîne cadenassée.

Elle se précipita sur la grille sans ralentir sa course et entrevit la sonnette au moment où elle s’écrasait contre le fer forgé. Pantelante, elle étendit le bras pour l’actionner quand la gueule noire d’un doberman, armée comme une mâchoire de crocodile, surgit à travers la grille avec un aboiement monstrueux.

Elle fit un bond en arrière pour éviter les crocs du molosse et reprit sa course le long du mur de chaux en laissant échapper un couinement plaintif. Son souffle se faisait de plus en plus court, son cœur s’affolait, ses forces l’abandonnaient. La silhouette noire du doberman courut sur le mur étroit en grognant férocement, à moins d’un mètre au-dessus de sa tête.

Elle sentit derrière elle l’haleine chaude de Georges.

Quelques chiens errants répondaient de loin en loin aux aboiements sauvages du molosse. Une faible lumière s’alluma, tremblotante de pétrole, entre les planches disjointes d’une cabane du douar.

Les poumons brûlants, asphyxiée, titubante, Gin courut vers elle. Elle trébucha sur une souche de palmier qui dépassait d’un amoncellement de caillasses, se releva immédiatement en étouffant une plainte, retomba sur le genou en perdant l’équilibre sur une pierre instable, se releva encore quand la main de Georges se plaqua contre sa nuque et la plongea contre le sol.

Elle ripa dans la poussière et c’est le corps de Georges qui l’immobilisa en s’abattant sur elle.

Il tenta de remonter sa jupe sans relâcher son étreinte, soufflant comme un phoque.

Des gouttes de sueur chaude, grasses de brillantine, tombaient en pluie sur les épaules nues de Gin. Elle trouva dans l’écœurement la force de prendre appui sur un coude déchiré et de s’extraire de l’ignoble prise en lui crachant à la gueule.

Georges la frappa le poing fermé et elle ne sentit pas sa pommette éclater. Les silex sous la nuque la pénétrèrent. Elle lui griffa le cuir chevelu jusqu’à l’os.

Il saisit une grosse pierre plate, d’environ cinq kilos, l’appliqua avec violence sur le visage tuméfié et la fit pivoter plusieurs fois en l’écrasant sur la pommette ouverte.

Quand elle sentit pleuvoir les gouttes de sueur cosmétiquées sur son ventre, elle réprima une forte envie de vomir et s’évanouit.

FERMER

Newsletter

 

Nous publions environ une lettre par mois
Si vous êtes un professionnel du livre, vous pouvez
recevoir une newsletter spécifique à votre activité :

En renseignant votre adresse email, vous acceptez de recevoir nos emails d'informations par courrier électronique et vous prenez connaissance de notre politique de confidentialité.